La promotion 2024 entre en scène

20/02/2024
Auréolée des trois derniers titres de champions du monde (2018, 2019 et 2023), les nouveaux Bleuets s’avancent en favoris de cette saison 2024.

Si le Tournoi des 6 Nations et les championnats du monde en seront les momentums, pas de quoi mettre une quelconque pression, comme le concède Jean-Marc Béderède, manager haute performance : « L’objectif prioritaire des générations M20 et M18, garçons et filles, est de grandir afin de les amener vers le XV de France. Dans la mesure où l’équipe change chaque saison ou presque, être champion n’est qu’une finalité, un challenge, pas un objectif. » Cette saison, ces moins de ans 20 et moins 20 ans Développement (notamment ces derniers durant le 6 Nations) seront davantage mis à contribution encore, servant de partenaires d’entraînement au XV de France, une chance selon Philippe Boher, manager M20 Développement et coach défensif des M20 : « Qu’on vienne renforcer les entraînements du XV de France ou même lors des séances d’entraîner à s’entraîner, c’est d’une richesse exceptionnelle pour de jeunes joueurs sortant des Académies qui se confrontent aux plus hautes exigences de pratique. Cela ne gêne en rien leur développement. Au contraire. » Les Desperes, Zamora ou Zinzen seront peut-être les Bielle-Biarrey, Gailleton et Dumortier de demain.

Axel Desperes

DEMI D’OUVERTURE (PAU) : Arrière jusqu’en Crabos, Axel Desperes a fait ses débuts en Béarn à l’âge cinq ans, guidé et entraîné par son père. Bac S maths-physique en poche, il est aujourd’hui en deuxième année de DUT en génie civil : « J’ai un aménagement scolaire qui me motive à poursuivre les deux en même temps. C’est important. » Dans les pas des Hastoy et aujourd’hui Debaes, Axel évolue dans un cocon idéal du côté de la Section paloise sous les ordres d’un certain Sébastien Piqueronies qui n’hésite pas à faire confiance à la jeunesse hexagonale.

Axel Desperes s’entraîne d’ailleurs cette saison avec le groupe pro et cumulait douze matches de Top 14 mi-janvier : « Ça va beaucoup plus vite qu’en Espoirs, les contacts sont également beaucoup plus durs. Ce championnat est excitant, cela donne envie d’y revenir le plus possible. Et tout passe par encore plus de travail. » Réservé, organisé, un brin perfectionniste et compétiteur, Axel Desperes est autant un joueur qu’un gestionnaire quand il dirige une équipe, comme l’explique son manager M20 Sébastien Calvet : « Plus le niveau s’élève, plus il paraît capable de relever les challenges. Maintenant, avec Sébastien Piqueronies, on essaie de faire en sorte qu’il devienne un meilleur leader de jeu encore. » Le tout dernier match du 6 Nations verra le XV de la Rose débarquer au stade du Hameau, un rendez-vous que le Béarnais a déjà noté depuis quelque temps.

Noa Zinzen

TROISIÈME LIGNE CENTRE (RACING 92) : Héraultais d’origine (Bédarieux), Noa découvre le rugby en famille dès ses 4 ans. Malgré quelques essais au golf, il confesse avoir « toujours préféré le combat et les plaquages ». Plutôt à l’aise un ballon de rugby en mains, il tutoie très vite les sommets. Après un passage à Béziers, Zinzen rejoint le Racing 92 où « il côtoie tous les jours des joueurs de classe internationale ». Titulaire d’un bac S, il a validé un BTS MCO (management commercial opérationnel) avant de se « focaliser cette saison à fond sur le rugby ». Plutôt introverti et taiseux, voire timide, Noa Zinzen montre l’exemple sur les terrains. « Ce que je ne suis pas en dehors, je le suis et je le montre sur le pré. »

Pas étonnant donc de le voir capitaine. « La France fait partie de ce qui se fait aujourd’hui de mieux dans le monde entier. À nous de montrer qui nous sommes. Je veux tout gagner, tout le temps. » S’étant déjà entraîné face au XV de France, Noa a participé à nombre de séminaires des leaders de jeu, comme le rappelle son manager France Jeunes, Sébastien Calvet : « C’est un travailleur de l’ombre devenu un formidable leader par l’exemple. Il travaille beaucoup pour l’équipe, accomplissant les tâches obscures. Il est dans l’efficacité au contact. Son challenge est de continuer à garder cette efficacité individuelle tout en emmenant encore et toujours les autres dans son sillage. »

Lucas Zamora

DEMI DE MÊLÉE (STADE ROCHELAIS) : Tout de go, le manager des moins 20 ans Sébastien Calvet dresse le portrait. « C’est le symbole du joueur qui a beaucoup travaillé dans la filière fédérale, il y a notamment fait toutes les sélections. Lucas Zamora est un formidable leader qui maîtrise parfaitement notre projet. Il est à un poste soumis à rude concurrence en club comme en sélection, mais il relève tous les défis. C’est un joueur cadre. » Fils de sportif et originaire de Royan où il a découvert le rugby à 4 ans, Lucas a d’abord été formé à l’ouverture. Demi de mêlée depuis sa période Crabos, pouvant buter, il s’entraîne de plus en plus avec le groupe pro de La Rochelle, « un honneur », ose-t-il.

Après une première titularisation la saison dernière au stade Deflandre, ce détenteur du bac vise un titre professionnel en tant que négociateur technique et commercial via l’école privée liée à son club. Très compétiteur et un sourire souvent en coin, c’est depuis tout petit qu’il a en tête que sa passion ovale devienne son métier. « Représenter la France, même en M20, est déjà un rêve, affirme-t-il. C’est fou et on se dit qu’on avance dans sa carrière. D’ailleurs, on avance tous ensemble depuis qu’on se côtoie avec les coéquipiers et les premiers rassemblements. » Pas étonnant que ce n° 9 aimant les duels et un brin mauvais perdant aborde cette saison avec la rage : « On a envie de garder ce titre. Cela booste de se dire qu’on doit maintenir la France au plus haut niveau mondial. C’est un héritage. »